Retracer l'histoire du Kenpo, c'est prendre une grande

bouffée d'air frais et faire un long voyage

Origine du Karaté

Pour mieux situer les arts martiaux et plus spécifiquement le Shaolin Kempo, laissez-moi vous faire un léger historique du commencement.

Pour cela, il faut remonter à l'antiquité où les véritables origines se perdent dans la nuit des temps et où se mêle une grande part de légende.

Tout d'abord, il est assez difficile de retracer les origines des arts martiaux, car il n'existe pas vraiment de documents écrits qui retracent exactement les arts de combat. Parce que les arts martiaux étaient autrefois pratiqués en secret et ne furent transmis que de maîtres à disciples.

Construite en 495 après J.-C, le Temple Shaolin est généralement accepté comme étant la plus grande influence sur tous les arts martiaux existants.

C'est en Inde qu'aurait vécu un moine qui passait son temps à observer les animaux dans leurs combats et à analyser leurs mouvements. Cet homme, dont le nom a été retenu par l'histoire et dont le rapport avec la naissance des arts martiaux semblerait le plus étroit, était Bodhidharma.

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Bodhidharma était le 3ième fils de Sughanda, roi de la province de Madras en Inde. Il était également élève et disciple de Prajnatara, 28ième patriarche après le Bouddha, considéré dans son pays comme son descendant spirituel, donc sa réincarnation sur terre.

Bodhidharma était aussi membre des Kshatriyas (princes combattants). Les Kshatriyas pratiquaient le Vajra Mutsi, art martial indien très peu connu en dehors des limites de son pays d'origine. Son origine est extrêmement lointaine. Il est probablement l'art martial le plus ancien et fut, pour une part, à l'origine des techniques de combat chinoises. Bodhidharma passait pour un expert réputé dans cet art.

Entre 520 et 535 A.D. le célèbre moine Bodhidharma ou Tamo (Da Mo) voyage de l'Inde pour le Royaume de Wei à répandre le bouddhisme. Ce fut durant la dynastie Liang en Chine. Après un échec de la réunion avec l'empereur Wu, Bodhidharma se rend à la province de Honan et le célèbre Temple de Shaolin.

Bodhidharma était un excellent élève et a eu très tôt fait de dépasser la plupart des autres élèves de Prajnatra. Vers le milieu de sa vie, et même un peu avant, il était déjà considéré comme un maître bouddhiste.

Quand le Prajnatara est mort, Bodhidharma partit pour la Chine. Deux raisons l'avaient poussé à partir. La première est parce que son maître avait formulé ce souhait sur son lit de mort et la deuxième est parce qu'il avait entendu dire que les intérêts religieux et politiques avaient fait décliner la vraie philosophie de Bouddhisme en Chine.

Il laissa tout d'abord les prêtres présents exposer leurs conceptions de la doctrine, écouta gravement puis prit la parole. Il expliqua que la conception chinoise était erronée, que depuis le temps, le Bouddhisme en Chine s'était modifié et éloigné d'une grande façon de son vrai sens. La réaction des prêtres fut violente. L'empereur crut devoir s'interposer, mais Bodhidharma ne changea pas sa position.

Terriblement déçu et mortifié par l'incompréhension de ceux qui, selon les dires, étaient les piliers de la sagesse et de la culture, il se réfugia au monastère de Shaolin (appelé Sui-Lam) situé sur le mont Shao-Shin dans les montagnes Sung, dont la réputation ne lui était pas inconnue. Le temple, déjà à cette époque, était une forteresse impénétrable et les moines avaient la réputation de solides gaillards ayant déjà repoussé maintes tentatives de pillage.

Bodhidharma aussi connut sous le nom de Daruma ou Tamo, arriva au monastère et selon la légende, sans proférer la moindre parole, s'accroupit face à un mur et y resta prostré pendant 9 ans, méditant sur la cause de son échec. Il réalisa enfin l'illumination suprême et décida de mettre fin au supplice. Il recouvrit l'usage de ses membres grâce à l'exercice qu'il avait découvert pendant sa méditation, qui, une fois mieux élaborée, s'appellera: "Shih Pa Lo Han So" "Les 18 mains de Lo-Han)".

Il transmit son enseignement aux moines émerveillés, mais se rendit compte très vite que la plupart étaient dans l'incapacité de se tenir immobile pendant un certain temps ou pire encore, qu'ils sommeillaient. Il attribua ce fait à un état de santé défaillant et a un manque d'harmonie entre leur corps et leur esprit. Se souvenant des préceptes de son maître le Prajnatra, selon lesquels certains exercices physiques comme le yoga peuvent vaincre les maux du corps et fortifier l'esprit, il entreprit de créer une série de 18 mouvements capables d'apporter un remède.

Jugeant le Hatha-Yoga trop ésotérique pour ses élèves chinois, se basant sur les exercices de Hua To, mouvements issus du Vajra Musti et sur les principes respiratoires du Yoga, il mit en place une méthode originale, mi-art de combat, mi-technique de méditation. En dehors de la pratique physique, il enseigna une voie nouvelle basée sur la simplicité et la méditation active, le Chan, plus connu sous sa dénomination japonaise et sous sa forme modifiée qu'est le Zen.

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La légende raconte qu’un prêtre Shaolin connu sous le nom « Le moine mendiant » a utilisé différentes techniques de mains et de pieds pour défendre le monastère et repousser les attaquants du monastère. À cette époque, le temple était sujet à de fréquentes attaques de bandits. Les autres moines ont été tellement impressionnés, qu'ils ont voulu apprendre les techniques de combat.

La voie du poing est née.  Dans la langue maternelle, les techniques sont aussi appelées "Chuan Fa".  Quelques décennies plus tard, Ch’uch Taun Shang-jen redécouvre l’original "Shih Pa Lo Han So" et augmente les mouvements de 18 à 72, puis de 72 à 170 en divisant ceux-ci en 5 groupes d’animaux, le nouveau Chuan Fa est né.

600 - 1500
Ces siècles ont connu une vaste migration de moines, qui étaient conduits hors de la Chine par les empereurs, les envahisseurs comme Ghengis Khan ou essayer de répandre le bouddhisme.

La migration de ces moines apporte une déformation du nom Chuan Fa puisque les clans renommaient leur art en ajoutant leur nom de famille, surtout dans la région d'Okinawa et au Japon.

   Pendant la période Heian (794-1185) Urabe Kanetada a eu 2 fils Kanechika (Yoshida) majoritairement associés au développement ainsi qu’à l’administration du clan et Kanekuni (Hirano) qui aura la responsabilité de la scolarité et de la sécurité du sanctuaire.

Le clan Fujiwara (859-887) précèdera la période Heroic (1100-1300) où le temple Shaolin a été brûlé à plusieurs reprises. 

En 1235, Bosatsu a enseigné au clan Yoshida. Le premier Grand Maître en Kenpo fut

Zenko Yoshida (1232-1297)

Vers les années 1300, Shaolin a résisté à l’invasion des Mongols.  De nouvelles techniques ont été ajoutées par le moine Chang San-Feng

La technique « Grue Blanche » a été développée au Tibet durant la dynastie Ming (1368-1644).  En 1467, la guerre d’Onin éclate à Kyoto et Yoshida Kanemoto (1435-1511) un grand guerrier succède à son père en 1460.

Kiyohara Nobertaka 1475-1550 est le petit-fils de Kanemoto.

Yoshida Kanemigi (1516-1573) a également écrit une parcelle de l’histoire. 

Le temple Shaolin a été brûlé par l’armée impériale vers les années 1500.  Des katas de poings sont apparus vers l’an 1522.  Le Kwak Yuen Dragon Style (1565) a également apporté des modifications au style. 

1500 - 1900
Au cours des prochains siècles, les moines du Temple Shaolin ont émigré vers divers pays de l'Est, comme Okinawa, les royaumes de Ryukyu et le Japon. C'est entre le Sui et la dynastie Ming, que l'art martial appelé Chuan Fa est aussi fait connaître comme Kempo ou « voie du poing ».

Au XVIIe siècle, les familles de Kumamoto et Nagasaki reviennent de Chine à Kyushu au Japon avec une connaissance du Kempo chinois « Chuan Fa ».  Depuis plusieurs générations, le Kenpo est devenu Kōshō Ryu Kempo ( "Ko" - vieux, "Sho" - pin, "Ryu" - école)  

Durant cette période, nous pouvons retracer des membres du clan Yoshida (originalement "du clan Urabe") également établis à Kyushu, continuant à développer le Kosho Ryu Kempo et de le transmettre ainsi aux générations suivantes. 

Les techniques Hsing-I Chuan Fas sont exportées au Japon dans le 17e siècle. 

Le Tai Chi Chuan est introduit par Wang Tsung-Yuen au cours du 18e siècle.

Choy Li Fut (1830) a également contribué à l’ajout de certaines techniques. 

Plusieurs karatékas ont succédé au 1er Grand Maître Zenko Yoshida, notamment le 19e Great Grand Master Kosho Jiroku Yoshida (1818-1890), 20e Great Grand Master Sukuhei Yoshida (1853-1936) grand-père de Masayoshi Mitose.

Les arts martiaux possédaient des techniques armées. Pour les Chinois, l'arme n'était qu'un prolongement du corps. Il était naturel que chaque école possède son arme secrète.
On distinguait à l'époque cinq (5) armes essentielles:

- Le bâton

- Le sabre

- L'épée

- La lance

- L'hallebarde.

Mais en fait il existait dix-huit (18) armes traditionnelles qui sont :

- Kien (épée droite à double tranchant)
- Le Pang (bâton long)
- Tao (sabre)
- Mao ou Chang (lance)
- Gong (arc)
- Nu (arbalète)
- Yueh au Kwon Tao (hallebarde)
- Fu (hache)
- Chui (marteau d'arme)
- Tchien (épée à deux mains)
- Pien (fouet d'armes)
- Pi (poignard)
- Chi (lance barbelée ou serpentine)
- Pai (bouclier)
- Wo (arme de jet)
- Pa (fourche ou râteau d'arme)
- Kou (croc de guerre)
- Lion (masse d'armes)

I1 existe une infinité d'autres armes dérivant des formes principales, en fait 360 armes secondaires. Un peu plus tard également, les armes provenant d'Okinawa, fit leurs apparitions. I1 est à noter que l'arme souveraine reste le bâton, origine de toutes les armes, l'arme noble étant l'épée.
1912
Kiyoka Yoshida (né le 1er août 1890 - décédé en 1944) épouse Otokichi Mitose (née en 1863 - décédée en 1937) à Hawaii.  En réalité, ils se marient par correspondance aux fins d'immigration. Leur fils Masayoshi "James" Mitose, deviendra le premier Grand Maître du clan Yoshida.

Le code d’honneur de ce clan est : "Je viens à vous avec seulement les mains ouvertes, sans autre arme.  Mais si le droit ou l’honneur le requiert, mes mains me serviront. 

1920
Masayoshi "James" Mitose (né le 30 décembre 1916, décédé le 26 mars 1981) retourne à Kyushu, Japon pour étudier l’art familial maternel de sa mère au temple du mont Kinkai.  Cet art lui est enseigné par son grand-père Sukuhei Yoshida (né 1853, décédé 1936) et son oncle Choki Motobu.

Motobu Choki, avant tout un combattant né, ne voyait pas d'autres options pour développer son niveau que de s'exercer à un jeu dangereux: le combat de rue. Très sûr de lui, technicien de haut niveau, il base son enseignement sur une panoplie de katas (Naïhanshi, Bassaï, Rohaï, Sanchin, Kushanku et Chinto), un travail important au makiwara et surtout, une habitude du combat dépourvu de toutes règles.

En 1929, James Mitose (métis nippo-hawaïen et neveu éloigné de Motobu) devient son élève après avoir pratiqué l'ensemble du panel classique japonais: Jujutsu, Kenjutsu et Kyudo. Mitose est un passionné mais aussi un sac de nerfs qui plait tout de suite au vieux Motobu. Ce dernier va lui enseigner plus qu'aux autres, semble-t-il! Il lui enseigne pendant 6 ans des détails d'une infime richesse tout en conservant un réalisme absolu (partisan de peu de katas, Motobu lui a enseigné que le Naïhanshi, estimant que cela serait suffisant), une approche toujours en vigueur....

1937

Masayoshi James Mitose - né le 30 décembre 1916 - décédé le 26 mars 1981

Pour connaître le développement du Kenpo avec James Mitose

Cliquez sur la photo ci-dessous

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L'histoire moderne de Kenpo a commencé dans les années 1940 lorsque le Grand Grandmaître James Mitose (1916-1981) a commencé à enseigner son art martial, Kosho-Ryu Kenpo, à Hawaii.

Pour connaître le développement de nos ancêtres et fondateurs Kenpo, cliquez sur une photo sur la ligne du temps ou dans l'arbre généalogique pour connaître leur histoire

1949
William K.S. Chow - né le 3 juin 1914 - décédé le 21 septembre 1987

1950
Adriano Emperado - né 15 juin 1926 - décédé le 4 avril 2009

1958
Sonny Gascon - né en 1933 et toujours actif au Kenpo

1963
S. George Pesare - né en 1939 - décécé le 14 octobre 2012

1967
Arrivée du Karaté Kenpo au Canada par Jean-Guy Angell - né en 1940 et toujours actif au Kenpo

1979
Danny Griffith - né en 1958 et toujours actif au Kenpo

1996
Serge Piché - né en 1971 et toujours actif au Kenpo

 

Valeurs morales
Si le Kenpo reste un art martial par excellence, il ne néglige pas les valeurs morales de l'individu et les lois de la société.

Le Kenpo doit développer en nous le sens:

- La responsabilité - L'honneur
- La discipline
- L'amour
- Le respect d'autrui
Valeurs Technique

L'enseignement du Kenpo repose sur 2 principes:

1- Les techniques des coups pieds et coup de poings, c'est l'aspect "externe" du Kenpo qui repose sur la force physique

2- La force morale et psychique de l'individu repose sur l'aspect "interne" du Kenpo

 

L'art du Kenpo a un large répertoire de techniques. Il laisse à ses adeptes l'opportunité de la créativité et l'initiative.

Donc, du progrès